Interview de Sybille RAPPAZ, banquière et diplômée du Master en Marketing du Sport à CREA Genève

Interview de Sybille RAPPAZ, banquière et diplômée du Master en Marketing du Sport à CREA Genève

Banquière, et dans le domaine de la finance depuis plus de vingt ans, Sybille RAPPAZ a choisi de reprendre ses études à un moment charnière de sa vie. Animée par une passion pour le sport et l'envie de se réinventer, elle intègre le Master en Marketing du Sport de CREA sans pour autant quitter le secteur bancaire. Cette expérience transformera profondément sa vision de son métier, renforcera sa confiance en elle et lui permettra d'aborder son quotidien professionnel sous un nouvel angle. Elle revient sur son parcours, les enseignements du marketing et l'impact durable de cette formation.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

Je m'appelle Sybille RAPPAZ, j'ai 42 ans et je travaille aujourd'hui dans une banque privée genevoise. J'ai effectué toute ma scolarité dans le canton Valais avant d'intégrer l'École de commerce bilingue de Sierre. À la fin de mes études, j'ai réalisé mon année de maturité sous la forme d'un stage « All Round » de 18 mois chez UBS. C'est à cette période que j'ai véritablement découvert le secteur bancaire.

En 2006, je suis arrivée à Genève où j'ai directement intégré le domaine de la gestion de fortune. J'y ai construit l'essentiel de ma carrière. Puis, il y a une dizaine d'années, j'ai traversé une période compliquée. J'ai perdu mon père, j'ai rencontré des difficultés dans mon environnement professionnel et j'ai ressenti le besoin de prendre du recul.

À ce moment-là, je me suis dit qu'il était important de construire un plan B. Passionnée de sport depuis toujours, j'ai commencé par suivre une formation en marketing, qui m'a ensuite permis d'intégrer le Master en Marketing du Sport de CREA. Mon objectif était de découvrir un nouvel univers, d'acquérir de nouvelles compétences et, pourquoi pas, d'envisager une reconversion professionnelle.

Pourquoi avoir choisi cette formation et que vous a-t-elle apporté ?

Afin de réaliser mon Master, j'ai choisi de passer à 80% au travail. Le rythme était soutenu, mais cette parenthèse m'a énormément apporté. Nous étions une promotion d'une dizaine d'étudiants seulement, ce qui a créé une véritable cohésion. Nous sommes encore aujourd'hui très proches. Nous continuons à nous voir régulièrement et certains sont devenus de véritables amis. J’ai d’ailleurs célébré le mariage d’une de mes anciennes camarades récemment. 

À la fin du Master, j'ai tenté ma chance en postulant à l'UEFA. Malheureusement, comme beaucoup de personnes en reconversion, je me suis retrouvée confrontée au manque d'expérience dans ce nouveau secteur. À ce moment-là de ma vie, je ne pouvais pas me permettre de repartir avec un salaire de stagiaire, notamment en raison de mes engagements financiers.

Même si je n'ai finalement pas changé de métier, cette formation a profondément transformé ma manière de travailler. Elle m'a permis de découvrir de nouvelles perspectives, de retrouver confiance en moi et de revenir dans mon entreprise avec un regard totalement différent. Aujourd'hui, je suis pleinement épanouie dans mon poste.

Comment le marketing vous est-il utile dans votre métier de banquière ?

Beaucoup de personnes réduisent le marketing à la publicité ou aux campagnes de communication. Pourtant, le marketing est bien plus vaste. Il touche à la stratégie, à la compréhension des marchés, à l'analyse des besoins des clients, au positionnement d'une entreprise ou encore à la manière dont elle construit son offre.

Dans mon métier, j'utilise quotidiennement ces compétences. Par exemple, il m'arrive de réaliser des analyses SWOT, d'étudier nos concurrents ou de participer à la construction de stratégies commerciales sur plusieurs années. Je travaille également en soutien de la responsable du marché africain, notamment sur des business plans à cinq ans et sur l'analyse des différents marchés.

Le marketing est également très présent dans notre relation avec les clients. Comprendre leurs attentes, analyser leur parcours, réfléchir à notre positionnement ou encore travailler sur la rentabilité de certains dossiers font partie de notre quotidien. Finalement, cette formation m'a permis de mieux comprendre les décisions stratégiques de mon entreprise et de mieux appréhender l'ensemble du fonctionnement d'une banque.

Le Master abordait également les nouvelles technologies et les réseaux sociaux. Nous avons notamment travaillé sur Facebook, le ciblage publicitaire et les outils digitaux. Même si je ne les utilise pas directement tous les jours, ces connaissances restent très utiles pour comprendre les évolutions actuelles du marché.

Quelle importance accordez-vous au réseau professionnel ?

Je crois profondément à l'importance du réseau. Les relations professionnelles se construisent sur le long terme et finissent souvent par porter leurs fruits.

Il y a quelques jours encore, une personne avec qui j'avais travaillé il y a près de dix-huit ans m'a recontactée. Nous avions très peu échangé depuis toutes ces années, mais elle pensait à moi pour un client africain souhaitant transférer plusieurs dizaines de millions d'actifs. Ce type d'opportunité montre à quel point les relations entretenues au fil des années peuvent devenir précieuses.

Le réseau repose avant tout sur la confiance. Que ce soit dans la sphère privée ou professionnelle, nous avons naturellement tendance à nous tourner vers des personnes que nous connaissons lorsque nous avons besoin d'un conseil ou d'une recommandation. C'est pourquoi je pense qu'il est essentiel d'entretenir ses relations tout au long de sa carrière.

Quelle a été la meilleure décision de votre parcours ?

Sans hésiter, celle de reprendre mes études tout en conservant mon emploi.

À un moment, j'ai réellement envisagé de quitter mon travail. Finalement, j'ai préféré me donner du temps, respirer et me lancer un nouveau défi intellectuel. Retourner sur les bancs de l'école après plusieurs années de carrière demande beaucoup d'investissement. Il faut réapprendre à étudier, préparer des examens, travailler en équipe et accepter d'être challengé.

Nous avons énormément travaillé pendant ce Master. Contrairement à certaines idées reçues, nous ne “payons” pas le diplôme. Nous avons consacré un temps considérable aux projets, aux présentations et aux travaux de groupe.

Cette expérience m'a apporté bien plus qu'un diplôme. Elle m'a redonné confiance en mes capacités, m'a permis de sortir de ma routine professionnelle et m'a rappelé que j'étais capable d'apprendre et d'évoluer. Lorsque je suis retournée travailler à temps plein, j'étais beaucoup plus sereine et motivée. Aujourd'hui, je prends énormément de plaisir à exercer mon métier.

Pourquoi n'avez-vous finalement pas changé de secteur ?

Parce que j'aime profondément mon métier. La période difficile que j'ai traversée était en grande partie liée à la perte de mon papa et à mon environnement de travail de l'époque. Depuis, du temps a passé et mon management a changé, notre équipe est excellente et je prends beaucoup de plaisir à venir travailler chaque matin.

J'apprécie particulièrement le contact avec les clients, les défis quotidiens et les nombreux déplacements que j'effectue en Afrique. Les compétences acquises durant le Master enrichissent aujourd'hui directement ma pratique professionnelle. Finalement, cette formation ne m'a pas éloignée de la banque, mais elle m'a permis d'y revenir avec davantage de motivation.

Pourquoi avoir choisi CREA ?

J'ai découvert CREA en effectuant mes propres recherches sur Internet. L'école proposait exactement la formation que je recherchais, à Genève, à proximité de mon lieu de travail.

L'organisation des cours a également été un élément déterminant. Les enseignements avaient lieu les vendredis et samedis, ce qui me permettait de maintenir facilement mon activité à 80 %. Cette flexibilité de cette école est un véritable atout pour les personnes déjà en activité professionnelle.

Quels sont, selon vous, les points forts de CREA ?

Ce qui m'a le plus marquée, c'est la qualité exceptionnelle des intervenants. Nous avons eu la chance d'être accompagnés par des professionnels expérimentés, passionnés et très accessibles. Ils comprenaient parfaitement notre fonctionnement de groupe et savaient adapter leurs enseignements à nos profils.

Les projets proposés étaient également particulièrement concrets. Dès le début du cursus, nous avons travaillé sur une problématique réelle pour Adidas avant de présenter nos recommandations directement aux équipes de l'entreprise. Nous avons également réalisé un important projet avec Babolat. 

Pouvoir collaborer avec de telles entreprises constitue une expérience extrêmement enrichissante. Ces projets nous confrontaient aux réalités du terrain et nous obligeaient à travailler comme de véritables consultants. C'est sans doute l'un des plus grands atouts de cette formation.

Quel conseil donneriez-vous aux futurs étudiants ?

Je leur dirais avant tout de s'accrocher. Cette formation demande beaucoup d'investissement, mais elle est extrêmement enrichissante. Les travaux de groupe occupent une place importante, ce qui nécessite de savoir collaborer avec des personnalités très différentes. Nous avons eu la chance de former une équipe soudée et complémentaire, mais ce n'est pas toujours le cas.

Il faut également accepter de sortir de sa zone de confort, apprendre à travailler avec les autres et rester exigeant envers soi-même. Tous les efforts fournis pendant cette formation sont largement récompensés par les compétences acquises, les rencontres réalisées et la confiance que l'on développe en soi.

Quel souvenir gardez-vous de CREA ?

Je garde un souvenir fort d'un voyage organisé en Allemagne autour d'un salon consacré au sport (ISPO). Au-delà de l'événement lui-même, c'est surtout l'ambiance de notre promotion qui reste gravée dans ma mémoire. Nous étions devenus de véritables amis. Entre les projets, les anniversaires célébrés ensemble, les pique-niques improvisés à l'école et les nombreux moments de convivialité, nous avons vécu une expérience humaine exceptionnelle qui, encore aujourd'hui, fait toute la richesse de cette aventure.

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